Parti Communiste International

Novembre 2015

TERRORISME BOURGEOIS

Non, ce n’est pas une guerre. C’est sa préparation, tandis que les grands Etats d’Amérique, d’Europe, de Russie et d’Asie sont déjà en train de chauffer les moteurs. Le « terrorisme » comme la « guerre au terrorisme » représentent l’anticipation de la guerre qui arrive.

Ce n’est pas la guerre de l’Etat Islamique contre l’Occident. C’est la guerre des impérialismes entre eux.

Si les exécuteurs de cet enième acte de terreur sont de jeunes fanatiques, les organisateurs se trouvent dans les palais des puissances étatiques du monde entier. L’État Islamique n’est pas l’expression des classes déshéritées des pays arabes, et il n’en défend pas les intérêts. Il ne représente pas non plus la force armée de bourgeoisies nationales arabes désireuses de s’affranchir de l’oppression étrangère, ex-coloniale ou impérialiste. Il s’agit de troupes de mercenaires menées par des chefs bien aguerris, et qui cachent leur métier guerrier derrière les fumisteries de la religion. Leurs financiers directs sont certaines des pétro-monarchies du Golfe, en lutte entre elles, mais leur protecteur « discret » est le front impérialiste actuellement derrière les USA, qui les arme et les fait combattre ou les combat, selon les vicissitudes des colossaux intérêts en jeu entre tous les capitalismes, désormais étranglés par la crise économique dont ils ne voient pas la fin.

La propagande bourgeoise masque la vérité : dans les pays arabes, la comédie de révolution islamique cache derrière le manteau idéologique l’attitude réactionnaire des classes dominantes, bourgeoises et foncières, et ses premières victimes sont les prolétaires de ces pays. Les bombes quotidiennes dans les rues et les marchés de Bagdad, Alep, Islamabad, Beyrouth, Damas, Kaboul, Tripoli, Istambul, ne sont que des actions antiprolétariennes et de guerre entre bandes bourgeoises.

Les communistes ne portent pas un jugement moral sur la guerre et ses atrocités, et ils savent que la violence est congénitale aux sociétés de classe, fondées exclusivement sur la force de domination et sur la terreur, même quand il n’est pas besoin de l’employer et que la menace suffit. Le terrorisme est un instrument de guerre qui peut être utilisé entre les Etats comme entre les classes. Celui d’aujourd’hui est utilisé par certains Etats bourgeois contre les autres, et de tous contre la classe prolétarienne internationale, pour la diviser selon des barrières artificielles idéologiques, et pour empêcher qu’une fois unie elle puisse relever la tête. Nous ne connaissons que trop bien ces épisodes de massacre. Ce sont des avertissements et des signaux que depuis presque un demi siècle, même en Europe, la bourgeoisie utilisent périodiquement, évidemment sur la peau des prolétaires.

Quelques centaines de morts ne sont rien pour la monstrueuses société du capital. Le dieu du profit réclame bien plus de sacrifices humains. Le militarisme est l’unique véritable visage de la société du Capital, en particulier des démocraties impérialistes occidentales qui parlent de paix mais préparent la nouvelle boucherie mondiale. Une guerre construite, alimentée et voulue pour la survie du Capital, au prix de millions de vies prolétariennes.

Par conséquent, les communistes s’abstiennent de toute condamnation abstraite de la violence, de tout rapprochement avec la fausse pitié et l’indignation des bourgeois, et de toute manifestation de solidarité avec les Etats et avec les classes bourgeoises au pouvoir, avant tout celles de leur propre pays.

L’agonie prolongée de la société du capital déchaînera une série incroyable d’horreurs et de mensonges, bien plus que la première et la seconde guerre mondiale. La classe prolétarienne, et avant elle son parti communiste, doivent se préparer à ceux-ci et maintenir inflexible, contre tous, la ligne d’abord de la science de classe puis celle de l’action contre tous les ennemis du prolétariat.

Le capitalisme ne périra que d’une mort violente et par la main du prolétariat communiste.

L’unique « guerre au terrorisme » possible est celle qui se fera contre ce système social pestilentiel, l’unique guerre qui a donc pour but final la révolution communiste.

Qui accepte au contraire le capitalisme, sous sa forme et ses travestissements, est contraint d’accepter ses terrorismes d’aujourd’hui et sera contraint de subir demain sa guerre.