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Minneapolis Pour une véritable grève générale ! |
La bourgeoisie poursuit sa répétition générale de la terreur de masse et des déportations avec le lancement de l’”Operation Metro Surge” en décembre 2025, dans laquelle l’État du Minnesota est ciblé afin de préparer l’intensification à venir des expulsions massives et des attaques contre les conditions de vie, dans le sillage de la crise économique inévitable. Sous le prétexte de la fraude, l’État a lancé cette initiative et a déjà procédé à l’arrestation d’environ 3 000 personnes.
La dimension raciale du ciblage des immigrés issus des minorités a été explicitement assumée lorsque Trump a qualifié les Somaliens de “déchets”, tandis que le DHS et l’ICE ont collaboré pour profiler racialement et cibler les travailleurs latinos, qui occupent souvent des emplois précaires et faiblement rémunérés. Une note interne ayant fuité autorise les agents de l’ICE à pénétrer dans des domiciles privés munis d’un simple mandat administratif, c’est-à-dire sans validation judiciaire, les agents pouvant délivrer eux-mêmes ces mandats, ce qui marque une rupture avec les pratiques juridiques antérieures.
Une fois de plus, nous observons comment la bourgeoisie viole ses propres lois et constitutions par nécessité, afin de poursuivre l’exploitation de la classe ouvrière. Nous verrons, lorsque la lutte de classe s’intensifiera, qui sont les véritables déchets… les capitalistes !
En réponse à ces opérations fédérales et, plus immédiatement, au meurtre de Renée Good, une série de protestations ont eu lieu et ont culminé dans ce que des opportunistes de tout bord qualifient de “grève générale” le 23 janvier. Des milliers, et peut-être jusqu’à 50 000 personnes, ont participé à cette mobilisation sous la direction de l’“ICE Out Coalition”, une organisation activiste locale ayant réussi à obtenir le soutien d’une fraction significative du Parti démocrate et de la petite bourgeoisie, puisque près d’un millier de petites entreprises ont fermé leurs portes en soutien à l’action. Cela s’explique probablement par le fait que la main-d’oeuvre immigrée bon marché est indispensable à leur exploitation afin de maintenir des marges de profit déjà faibles.
Leurs revendications exigent: le départ de l’ICE du Minnesota, une responsabilité juridique des agents de l’État, la fin du financement de l’ICE de Trump (notons que leur problème ne serait donc qu’avec une ICE contrôlée par les Républicains), ainsi que l’engagement des entreprises, grandes et petites, à refuser l’accès aux agents de l’ICE et à devenir des “entreprises du 4 amendement”. On retrouve également les appels classiques à défendre la Constitution, la démocratie et toutes sortes de droits, humains et inaliénables.
Nous, communistes, savons que la classe ouvrière n’a aucun intérêt à défendre l’ordre bourgeois, qu’il soit fasciste ou démocratique. “Les droits des pauvres sont de vains mots”, comme le dit l’Internationale. Le caractère bourgeois de ce groupe apparaît également dans son approche tactique de la grève, en encourageant d’abord les travailleurs à trouver des “patrons amicaux“ et un terrain d’entente avec eux (comme si une telle chose pouvait exister !), et en les orientant vers le terrain du NLRB, où la lutte de classe est canalisée et neutralisée par les voies juridiques. Leur document officiel rappelle aux travailleurs l’existence de la clause de non-grève et suggère de déclarer une maladie mentale ou physique afin de se mettre en arrêt.
Quant aux syndicats ayant soutenu la mobilisation, la déclaration officielle de Teamsters Local 638 s’est contentée de rappeler timidement que la grève serait illégale. L’IATSE Local 13 a affirmé que les travailleurs avaient le droit de choisir, tout en leur demandant de prévenir les patrons à l’avance. SEIU Healthcare MN a averti fermement que la participation à une grève pourrait entraîner un licenciement. Le président de la CWA Local 7250 a déclaré: «Nous n’avons pas voté une grève, mais notre syndicat appelle les gens à soutenir cet appel». La MNA a invoqué «le rôle essentiel gens à soutenir cet appel».
La MNA a invoqué le rôle essentiel de soins assuré par ses membres comme argument moral pour les inciter à respecter la clause de non-grève, tout en livrant une évaluation honnête du sens réel de son soutien en précisant que «la MNA rejoint une coalition large et croissante d’organisations syndicales, de responsables religieux, de chefs d’entreprise et de syndicales, de responsables religieux, de chefs d’entreprise et de membres de la communauté à travers le Minnesota». Selon le New York Times, le président de la MNA serait même allé jusqu’à décourager les membres de s’absenter du travail, aux côtés d’autres dirigeants syndicaux.
La fonction de la direction du syndicalisme de gestion que l’on observe ici est de réprimer toute combativité là où elle émerge spontanément. En disant aux travailleurs de ne pas agir, et même de ne pas voter sur des formes de lutte plus sérieuses, cette couche dirigeante sert à neutraliser la lutte et à la maintenir dans un cadre légal, afin de préserver ses privilèges d’aristocratie ouvrière — des salaires bien supérieurs à ceux du travailleur moyen. Ils craignent toute violation du droit du travail, car cela mettrait en danger leur position et leurs revenus.
En définitive, cela conduit à chercher un appui auprès d’autres classes, poussant ces syndicats à s’engager dans des fronts unis qui maintiennent le statu quo.
Examinons plus précisément la place de la classe ouvrière dans cette action. Aucune organisation spontanée significative du prolétariat, sous forme de comités d’entreprise ou de conseils de grève, ne s’est développée (si tant est qu’elle ait existé), et les travailleurs qui ont choisi de ne pas se rendre au travail l’ont généralement fait sur une base individuelle et légale. Il s’agit évidemment d’une tactique très faible, qui amoindrit l’importance de l’action collective et de la force du nombre.
La direction des syndicats du régime s’inscrit pleinement dans la bouillie générale de ce front uni activiste. Les syndicats ont massivement soutenu l’action, tout en rejetant unanimement toute référence à la grève, invoquant systématiquement les obligations contractuelles liées à la clause de non-grève. La fonction de ce soutien est alors d’envoyer les travailleurs dans les manifestations, de les empêcher de faire grève (en leur accordant la glorieuse liberté individuelle de choisir !) et de les enfermer dans des tactiques et une politique bourgeoises, liées au front populaire antifasciste en formation sous la direction des Démocrates.
En l’absence de la direction du parti politique de classe, les actions du prolétariat sont vouées à être absorbées par la politique bourgeoise et orientées vers la défense du capital. Nous ne pouvons compter ni sur la bourgeoisie, ni sur son État, ni sur leurs alliés pour obtenir des miettes: nous devons leur forcer la main par la lutte de classe militante.
Les coalitions politiques et activistes se présentent comme organisatrices et déclencheuses du mouvement, mais ce sont des opportunistes qui cherchent à anticiper l’émergence de la lutte de classe pour la rediriger vers la collaboration de classe et les coalitions avec la bourgeoisie, retardant ainsi concrètement le développement de la classe et sa maturation en une auto-organisation défensive.
Malgré cette direction actuelle erronée, nous saluons l’éveil du prolétariat lorsqu’il participe à des actions de masse et cherchons à l’orienter dans la bonne direction, vers le syndicat de classe et le communisme.
La question demeure: cette action était-elle qualitativement différente des précédentes, comme 50501 ou No Kings ? À cela, nous répondons par un non catégorique. Ce qui s’est produit n’était ni une grève générale ni un “pas en avant” notable par rapport aux actions antérieures.
Il est vrai que le discours autour de la grève générale s’est banalisé, ce qui est prévisible à mesure que les conditions objectives se dégradent et que la classe développe spontanément une conscience syndicale visant des objectifs à court terme. Cette popularisation du terme “grève générale” peut également s’expliquer par son appropriation et sa neutralisation, pour désigner de simples débrayages désorganisés et des manifestations, sans engagement réel des travailleurs dans une grève sur les lieux de travail.
Le rôle joué ici par les médias, les groupes activistes et l’opportunisme est négatif: il détourne les travailleurs vers des actions stériles, en proclamant la grève générale comme l’arme ultime tout en mentant aux travailleurs, en leur expliquant que des manifestations de masse sans grève sérieuse seraient tactiquement correctes, et qu’il suffirait de “plus d’organisation” ou de “plus de monde”.
Ce qui manque cruellement dans les lamentations de ces canailles, c’est un plan sérieux pour réaliser une grève générale, ainsi qu’une analyse concrète du syndicalisme de gestion et du régime juridique du travail. Seul le Parti communiste, fort de son expérience historique et de sa clarté politique, peut formuler les mots d’ordre capables de remettre la classe ouvrière sur la voie de la lutte de classe et d’une grève générale réelle et efficace.
Lorsque l’on compare cette situation à la grève générale historique de Minneapolis de 1934, le contraste est saisissant. À l’époque, les organisations ouvrières étaient encore en cours de subordination à l’État, le National Industrial Recovery Act constituant l’un des mécanismes de médiation étatique dans les conflits du travail. Les communistes ont mené l’agitation au sein des Teamsters, alors dirigés par le syndicaliste de gestion Daniel Tobin, afin de pousser à une grève englobant plusieurs secteurs de travailleurs ainsi que les chômeurs. Disposant d’une base ouvrière fortement militante et appauvrie, ils ont facilement déjoué les tentatives de restriction et d’anti-militantisme venant de la direction. Lorsque la grève a été déclenchée, d’autres syndicats ont également cessé le travail par solidarité.
Il n’y avait alors ni front populaire, ni front uni interclassiste imposé d’en haut avec des organisations non ouvrières, mais bien un front uni par en bas, où les travailleurs, dans leurs propres organisations, s’engageaient dans une grève sérieuse en dehors des cadres étatiques limités qui les auraient contraints au compromis. Les coalitions se faisaient explicitement sur la base d’organisations ouvrières et pour l’action de grève.
Le gouverneur démocrate de l’époque, Floyd Olson, mobilisa la Garde nationale, déclara la loi martiale et interdit les piquets de grève, malgré l’orientation prétendument pro-ouvrière du Farmer-Labor Party et de l’administration Roosevelt. L’intervention fédérale força les employeurs à accepter une grande partie des revendications syndicales, mais uniquement pour éviter une révolte sociale plus large. Le temps ainsi gagné permit à l’administration Roosevelt de se stabiliser et de pénétrer davantage les organisations ouvrières afin de les subordonner à la production pour la guerre impérialiste et de sauver le capitalisme.
C’est ce même Parti démocrate qui se prépare aujourd’hui à se draper d’un vernis ouvrier en construisant un futur front populaire antifasciste à la Roosevelt. Son véritable objectif reste la préservation du capital et la discipline des travailleurs en vue de la guerre. Ce sont les mêmes “héros” démocrates au pouvoir qui réclament le départ de l’ICE ou une réforme de l’immigration, tout en autorisant l’augmentation de ses financements et en permettant à Walz de mobiliser la Garde nationale pour protéger la propriété privée et l’ordre capitaliste.
C’est le même Parti démocrate dont le “chef des expulseurs” a déporté près de 3 millions de personnes afin de les faire exploiter à l’étranger et de permettre à l’économie de se remettre du krach de 2008, dépassant le record de Trump. Le Parti démocrate, ses appendices associatifs et militants, ainsi que l’appareil syndical du régime, travaillent à anticiper l’émergence organique de luttes défensives de la classe ouvrière afin de canaliser ces énergies dans leurs organes interclassistes, pour sauver le capitalisme et préparer la guerre impérialiste.
Les travailleurs doivent reconnaître ce mirage pour ce qu’il est, abandonner la fausse oasis et reprendre la voie de la lutte de classe et de la construction du syndicat de classe. Réaliser sérieusement une grève générale exigera un effort et une coordination considérables, face à des ennemis de tous côtés cherchant à détourner la lutte, ainsi qu’un approfondissement objectif de la crise des conditions de vie.
Concrètement, les travailleurs doivent mener l’agitation au sein de leurs syndicats pour des principes syndicalistes de classe: suppression de la clause de non-grève, revendications économiques radicales, alignement des échéances contractuelles au 1er mai 2028, radicales, alignement des échéances contractuelles au 1er mai 2028, et volonté de lutter contre les directions syndicales de gestion qui préfèrent le compromis. Le carcan du NLRB peut, doit et sera brisé afin de libérer les travailleurs de leur torpeur et de leur permettre de lutter réellement. Travailleurs organisés et non organisés doivent s’unir et faire grève par en bas, en utilisant ce qui existe dans les syndicats actuels et en créant de nouveaux organes de lutte pour porter leurs propres revendications de classe.
Ce n’est que par la lutte pour le syndicat de classe et, ultimement, pour la révolution communiste, que l’ICE pourra être démantelée et que prendra fin le règne de terreur bourgeois.
Pour
un front syndical uni par en bas et une véritable grève générale
! Contre le front populaire à venir ! Contre les fronts unis par en
haut ! Pour l’indépendance vis-à-vis des partis bourgeois et des