Parti Communiste International

DÉCEMBRE 2006

MOYEN ORIENT :
OU RÉSISTANCE NATIONAL-POPULAIRE
OU RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE
LA POSITION COMMUNISTE INTERNATIONALISTE


Les capitalismes mondiaux, grands et moins grands, d’Occident et d’Orient, en raison de leurs appétits impitoyables et antagonistes, se déchirent le Moyen Orient depuis plus d’un siècle afin de contrôler cette région d’importance stratégique fondamentale.

Les bourgeoisies locales arabes, après l’échec de la tentative de constitution d’un grand État panarabe, de l’Irak à la Syrie, de l’Égypte à l’ Algérie, se sont faites l’instrument de l’un ou de l’autre des impérialismes, leurs "agents" locaux, tout en renonçant à une bonne partie des rentes et profits soustraits au prolétariat.

Le maître impérialiste, avec ses bases économiques et militaires, représente en effet une garantie contre le danger le plus terrible, la révolte possible de la classe prolétarienne locale et du semi-prolétariat urbain et rural qui subissent souvent la double exploitation du patron "extérieur" et de celui local.

Dans beaucoup de pays arabes, le prolétariat, jeune et nombreux, peut se vanter de saines traditions de lutte de classe, autant sur le plan de la défense syndicale contre le patronat que sur le terrain politique et les méthodes insurrectionnelles; mais ses luttes courageuses et souvent héroïques n’ont jamais dépassé le stade de révoltes, toujours réprimées dans le sang. Un des facteurs principaux qui ont empêché l’affirmation d’un processus révolutionnaire communiste dans les pays d’ Afrique du Nord, comme en Syrie ou en Irak, a certainement été constitué par l’absence d’un mouvement prolétarien de lutte dans les pays impérialistes mêmes, mais aussi par la fausse perspective politique, imposée par le stalinisme à tous les Partis Communistes des pays coloniaux et ex-coloniaux, de la soi-disant Révolution par étapes. Cette fausse indication programmatique, soumise aux intérêts capitalistes de la Russie et non du socialisme, impose au prolétariat de renvoyer à un futur indéfini la lutte pour le socialisme et de se battre au contraire aux côtés des partis bourgeois pour l’avènement d’un régime nationaliste, démocratique, constitutionnel.

La théorie de la "révolution par étapes" a constitué une stratégie désastreuse qui a amené hier, durant la seconde guerre impérialiste, la classe prolétarienne à se battre aux côtés d’un des deux fronts impérialistes; elle a empêché, dans les décennies successives, la radicalisation des guerres civiles qui surgirent dans les pays en lutte contre l’oppression colonialiste, et elle voudrait aujourd’hui amener le prolétariat à se ranger dans les rangs des diverses Résistances et Fronts nationaux, pour assurer le pouvoir de ses propres ennemis bourgeois.

L’histoire récente des différents pays du Moyen Orient – mais ceci est arrivé de la même façon dans tout le monde ex-colonial – montre que la bourgeoisie, une fois parvenue au pouvoir, retourne immédiatement les fusils contre les communistes et les organisations syndicales pour "rétablir l’ordre et la légalité".

Le prolétariat, qui n’a pas de patrie parce qu’il est exploité et opprimé partout dans le monde, n’a pas non plus d’ "amis" ou d’ "alliés" dans sa lutte pour son émancipation. Son premier ennemi est la bourgeoisie de son propre pays qui, comme dans l’ Irak de Saddam et de ses successeurs, n’a pas hésité à l’envoyer au massacre dans la guerre contre l’ Iran, puis dans celle contre le Koweït, pour ensuite l’appeler à une impossible défense du régime contre la coalition occidentale et enfin à la "résistance contre l’occupant".

Les mots d’ordre que le marxisme révolutionnaire affirme pour la classe prolétarienne, arabe et mondiale, sont diamétralement opposés :
* Repousser le mythe bourgeois mensonger de progrès pour tous.
* Pour son émancipation économique et sociale, ne compter que sur le Communisme qui suivra l’abattement du pouvoir politique de la classe bourgeoise.
* Lutter exclusivement pour la défense de ses intérêts immédiats et non pour les faux objectifs inter-classistes de liberté et de démocratie, qui servent seulement à masquer la dictature de la bourgeoisie.
* S’organiser en opposition à la classe et aux États bourgeois dans les syndicats de classe et dans le Parti Communiste, qui est depuis sa naissance, unique et international !