Parti Communiste International
 
 2011
La peur du communisme

 
Lors d’une de ses nombreuses apparitions dans les médias, le premier ministre italien a affirmé qu’il était difficile de gouverner en Italie en raison d’une opposition communiste qui ne permet pas de travailler sérieusement. A la différence des autres pays, où les communistes seraient devenus des sociaux démocrates, comme en Allemagne, ou des travaillistes comme en Angleterre, en Italie au contraire les communistes sont restés communistes, affirme-t-il avec une de ses meilleures têtes de veau.

L’affirmation est ridicule et montre l’ampleur de l’ignorance historique des bourgeois: voir dans l’opposition parlementaire italienne, désarticulée et ridicule, une opposition "communiste" n’est que le produit de leurs frayeurs. Non seulement chez les démocrates qui autrefois s’appelaient (mais ne l’étaient pas!) communistes, mais aussi chez les groupuscules qui conservent sans vergogne le nom de communiste, il n’y a absolument rien du programme communiste originel.

En effet celui-ci se caractérise par la déclaration révolutionnaire de vouloir détruire la propriété privée, de socialiser les moyens de production, d’abolir la division de la société en classes, de briser les frontières et les idéologies nationales et patriotiques, et toutes les formes d’oppression d’une minorité sur la très grande majorité de l’humanité.

Rien de ceci ne se lit dans la position dite "communiste", parlementaire ou non, italienne. Bien au contraire: c’est à celui qui se montre le plus patriotique, le plus attentif aux biens italiens, démocratique, sauveur des véritables valeurs comme la famille, l’État, la propriété privée. C’est à celui qui en rajoute le plus, dans cette friperie écœurante de l’idéologie capitaliste, cataloguée depuis plus de cent cinquante ans par la doctrine marxiste, et qui aujourd’hui encore empeste les esprits et opprime le corps des hommes.

Mais l’affirmation du premier ministre italien, qui répète régulièrement cette blague sur l’opposition "communiste" est extrêmement révélatrice de la peur du communisme qui comme un spectre continue, hier comme aujourd’hui, à tourmenter la conscience et l’inconscient du capitaliste.

Pour nous marxistes et communistes, voici donc un beau signe: en voyant des communistes là où il n’y en a pas (ainsi pour le maccarthysme aux USA dans les années 50), chaque capitaliste sait, et montre qu’il sait, que son véritable ennemi est le communisme, qui lui enlèvera la propriété des moyens de production et les infinis édifices financiers qui aujourd’hui lui permettent d’exploiter la classe travailleuse.

Que le premier ministre italien et tous les capitalistes se rassurent: cette peur, qu’ils ressentent aujourd’hui, prévoyant un futur plus ou moins lointain, n’est rien par rapport à la terreur qu’ils éprouveront demain, quand la classe prolétarienne, retrouvant son être et sa fonction historique, déchaînera la plus grande guerre de toute l’histoire, celle des exploités et des opprimés contre les exploiteurs et les oppresseurs, pour éliminer et pour toujours, toute forme d’exploitation et d’oppression, et faire accoucher d’elle-même l’espèce humaine.